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Ma dernière pleine journée en train. Même à y penser trois mois plus tard, je me sens un peu triste. Quel beau voyage!

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Ma cabine. Mon lit était en bas à gauche.

Je me réveille avant 7 h avec le train garé à Oulan Bator pour dire au revoir à mes amis et me trouver un déjeuner. Avec les deux autres Canadiens, on explore la gare à la recherche de nourriture. J’échange un peu de roubles (argent russe) pour des tugriks mongoliens. Je me fais surement avoir par le taux de change, mais je suis fatigué, le train pars sous peu, et tout le monde dans la gare nous regarde. De retour au confort du train, je déjeune avec Tatiana, une dame russe à qui je n’avais jamais parlé, mais qui a un sourire chaleureux, et son nouveau cochambreur mongolien.

Je prépare ma dernière pomme lentement, profitant de chaque mouvement. J’aime mon petit rituel.

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Paysage désertique de la Monglie

L’odeur du charbon de la bouilloire remplit le wagon. J’apprécie cette odeur chaque fois que j’entre dans le train. En étant conscient des détails du train, je ressens une petite tension dans mon ventre quant à mon départ inévitable, et maintenant concevable, dans 24h.

On s’arrête à Sain Shanda, une ville perdue de 29 000 habitants. Sous un soleil écrasant, j’achète une peinture d’un artiste sur le quai pour 5 500 tugriks. J’avais peur de ne pas avoir assez d’argent pour acheter de son art. Je n’aurais jamais rêvé acheter quelque chose d’aussi beau pour 3.25 $ (CAD). Ce sont des moments comme ça qu’on se souvient de notre place privilégiée dans ce monde.

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Souvenir de Monglie

Je passe mon après-midi à parler en français avec deux Chinois qui reviennent d’un séjour d’étude en France. L’un d’eux a pris le train à partir de Toulouse! Une sensation étrange s’empare de moi. Soudainement, la camaraderie des 4 derniers jours me semble lointaine. Peut-être, c’est d’avoir parlé français. Peut-être, c’est que les passagers qui m’étaient proche ne sont plus sur le train. Peut-être, c’est le nouveau paysage désertique de la Mongolie. Ou peut-être, je commence à accepter le passage inévitable du temps, ma place dans le moment présent, et que j’ai profité pleinement de ces moments.

Le rythme hypnotique du train continu.

Je me traite avec un repas dans le nouveau wagon restaurant chinois. Un bon poisson avec riz à 14 $ US. En attendant mon repas, un gros Mongol saoul me raconte plein d’histoires. Si seulement j’avais pu le comprendre!

En revenant à ma cabine, le désert remplit nos cabines de poussière. Les rayons du soleil couchant créent des rayons de lumière dans le couloir. Je prends un moment pour admirer le spectacle. Ce sont ces moments, aussi éphémères qu’un rayon de soleil couchant, qui font ce voyage si inoubliable.

En soirée, on termine notre croisement de la Mongolie et l’on entre en Chine. Puisque la Chine utilise une jauge de rail différente qu’en Russie et en Mongolie, ils doivent remplacer les roues du train. Nous pouvons soit sortir du train ou rester dans nos wagons et témoigner de ce processus unique. Je reste dans le train, pas question de manquer ce spectacle! Le train entre dans une usine gigantesque, où les wagons sont séparés. Puis, sans un bruit, nos wagons sont soulevés par des ascenseurs hydrauliques, mais les roues restent sur les rails. J’observe ce spectacle avec le plus jeune de mes cochambreurs. Rapidement, les roues sont remplacées par les nouvelles roues chinoises. Puis, on doit reconnecter les wagons. La locomotive recule et enclenche les wagons, un à un. La pleine force de la locomotive et des wagons carambole notre wagon! Après 5 jours de relaxation, cette percussion annonce la fin du voyage. BAM! Bienvenue en Chine!

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Changement des roues.

C’est ma dernière nuit dans le train. Je suis prêt. Je l’accepte. Je m’endors tellement content d’avoir fait ce voyage, et d’avoir eu la chance de l’avoir partagé avec ces gens.

Je me réveille seul dans la chambre, inquiète d’avoir manqué le seul déjeuner gratuit du voyage. C’est mon premier matin précipité depuis le départ. Le monde au ralenti du train cesse d’exister. La réalité du monde extérieur s’installe le plus que le train s’infiltre dans Pékin.

Terminus.

On prend nos choses et l’on se souhaite bon voyage. Sous la pluie, petit à petit on se perd de vue dans la masse humaine inimaginable de la gare Centrale pékinoise. Le voyage est terminé.

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Pékin – Oulan Bator – Moscou

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Jour 1 :

Je commence par un lavage. J’accroche mon linge encore mouillé sur mon lit, et je souhaite que par un miracle, ça soit sec avant mon départ le lendemain. Le détergent que j’utilise est entièrement étiqueté en russe, donc si ce n’était du parfum accablant, j’aurais très bien pu versé une pochette de sel dans la laveuse (les surprises font partie des joies du voyage!). Je me décide de passer ma première journée à explorer le légendaire métro de Moscou, d’une part, car j’adore le transport en commun, de l’autre, car c’est une activité qui ne me permet aucune interaction avec des gens (revoilà ma timidité). Armé d’une carte avec les 12 plus belles stations selon plusieurs sites internet, j’ai passé plusieurs heures à visiter le souterrain moscovite. Facilement les plus belles stations que j’ai visitées à vie, ce sont de véritables musées. Malheureusement, je n’ai aucune photo, car je voulais maintenir mon identité de touriste secrète.

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Ma carte du métro de Moscou après avoir visité ses 12 plus belles stations (encerclées) selon l’internet, source infaillible.

 

En après-midi, j’ai visité un parc de sculptures soviétiques sous une pluie fine. Selon moi, ces sculptures sont particulièrement efficaces quand la météo est misérable et quand pour ton lunch tu n’as que des galettes avec du lait condensé d’une machine distributrice. Je pense que j’ai quand même vécu une expérience soviétique assez authentique!

Après le jardin de sculptures, j’ai “follow the Moskva down to Gorky Park“, comme dans le classique Winds of Change des Scorpions, en me chantonnant cet énorme succès des années 80. Véritablement un de mes moments préférés à Moscou.

En revenant à l’auberge, je me suis retrouvé dans une chapelle orthodoxe incrustée de joyaux lors d’une messe où j’ai passé un moment à admirer le chant du prêtre. Après quelques sandwichs vite faits dans la cuisine de l’auberge, je suis parti à la recherche d’un dictionnaire de voyage russe pour mon voyage en train. À ma grande surprise, je n’ai rien trouvé anglais-russe, mais j’en ai trouvé un français-russe qui était probablement à meilleur marché de toute façon (yey).

De retour à l’auberge, mon linge était encore humide et une dame (je devine) sexagénaire s’était installée dans un lit au fond dans la chambre. Je ne comprends pas trop cette auberge, mais je soupçonne que les loyers en ville sont trop dispendieux, donc les gens sont forcés à partager des logements (ou des chambres d’auberge) s’ils veulent vivre et travailler au centre-ville (ce qui permet aussi d’éviter le trafic cauchemardesque de Moscou).

Jour 2 :

 

À ma grande surprise, mon linge était sec à mon réveil. Après avoir rangé mes choses et fait mon sac, je suis parti à la découverte de la Place Rouge. Il faisait encore froid avec de la bruine, mais j’ai aimé ça. Dans ma tête, il fait toujours misérable à Moscou, une impression qui s’aligne parfaitement avec tout les films de James Bond qui avaient formé mes préjugés sur cette ville. J’ai visité la Cathédrale St. Basile, le mausolée de Lénine, puis le Kremlin sous ce ciel gris. Ensuite, j’ai visité un centre d’achat de haut de gamme à deux pas du bastion du communiste où j’ai « emprunté » le WiFi de chez Hermes. Moscou est une ville de contrastes.

Pour ma dernière soirée à Moscou, je m’étais dit que j’allais faire comme un grand et aller manger dans un restaurant qui avait de l’allure. J’ai trouvé un restaurant serbe ayant de bonnes recommandations et je me suis mis à sa recherche. Soit j’ai mal noté l’adresse soit il est déplacé, mais après 40 minutes, je me suis retrouvé devant un stationnement sans restaurant dans les alentours avec un estomac grondant. J’avais de nouveau très faim et je perdais patience. Je me suis dit qu’au moins j’avais essayé, puis j’ai trouvé un supermarché où j’ai acheté n’importe quoi pour combler mon appétit. J’en ai aussi profité pour acheter des provisions pour le train (fruits, pains, noix, viandes sèches, etc.).

De retour à l’auberge avec quelques heures avant le départ du transsibérien, j’ai eu ma première conversation avec un Russe. Avec l’aide de Google Translate, on a échangé quelques mots, mais rien trop compliqué. Peu importe, il m’a offert de sa nourriture, et moi de la mienne, et on a partagé un repas.

C’était maintenant le moment si attendu! J’ai pris mon sac à dos et mes sacs de nourriture, et j’ai replongé dans le souterrain de Moscou une dernière fois. Une fois à la gare, c’est l’excitation. Les gens se disent bonjour, on se présente, et l’on essayait de deviner ce qui nous attendait. Un peu avant minuit, le train se met finalement en mouvement. Je partage ma cabine avec une mère et ses deux fils de la Finlande. En se préparant pour notre première nuit, les gens du wagon se présentent l’un l’autre dans le corridor et le train roule lentement vers Pékin. Encore excité, je me couche sur mon banc/lit (raisonnablement à mon aise) et je m’endors au doux bercement du train.

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Depuis mon voyage de 26h en voiture de Chicago à Denver, je suis tombé amoureux du transport terrestre pour franchir des longues distances. J’adore l’impression d’avoir franchi une grande distance qu’offre ce type de voyage (et les paysages, et les conversations, et les moments de silence, etc.). De ces longs voyages, le train transsibérien, voyage de 5 jours et demi de Moscou à Pékin, est roi. Ce voyage légendaire a toujours été un rêve pour moi. Cet été, j’ai eu la chance de prendre ce train pour me rendre à un congrès en Chine. Bien entendu, prendre un train de Moscou à Pékin, puis un autre train de Pékin à Shanghai, puis un autre train de Shanghai à Suzhou n’est pas le moyen le plus rapide pour se rendre à sa destination, mais l’opportunité s’était présentée, donc je l’ai saisi.

Avant la Russie, j’avais passé une semaine à Munich pour visiter des amis. Je me suis dit que je n’étais pas souvent de l’autre côté de l’océan atlantique, donc pourquoi ne pas passer les voir? Quand ils m’ont apporté à l’aéroport après notre semaine, j’étais conscient que le défi du voyage allait commencer. J’allais passer deux jours à Moscou sans connaitre ni une personne, ni un mot russe, en attendant mon départ.

Durant le vol, j’ai essayé d’apprendre quelques mots russes (bonjour, merci, au revoir). À l’atterrissage, j’avais maitrisé bonjour et au revoir, mais je les mélangeais constamment. Il était maintenant temps de trouver mon auberge, déposer mon sac, et explorer la ville. Mon choix d’auberge était basé uniquement sur son prix. Mon lit dans une chambre ayant 7 autres lits dans un appartement authentique russe (très kitch) converti en auberge allait me couter 25$ (canadien) par nuit (toute une aubaine…). Ça m’a pris environ une heure avant même pouvoir trouver la porte d’entrée puisqu’en Russie, ou au moins à Moscou, le même numéro d’adresse est partagé par l’entièreté du bâtiment qui peut s’étendre la longueur d’un bloc. Quand j’ai finalement trouvé la porte #6, situé derrière la bâtisse et caché par de la construction, je me sentais comme un maitre-détective. « Au revoir », j’ai salué la propriétaire en russe avant de déposer mon sac et je partir à la découverte de la ville.

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La moitié du 15 rue Tverskaya.

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La porte d’entrée est aussi facilement repérable sur cette photo qu’en vrai. Elle est grise, à droite de cette photo, et derrière la cloture opaque.

Je me considère une personne ouverte et amiable. Cependant, quand je voyage, si je ne me sens pas confortable avec la langue, je deviens extrêmement gêné. Ceci persiste pour environ deux jours, mais c’est assez pour rendre mes repas difficiles. Cette fois, c’était la même chose. J’ai mis une bonne heure à me trouver un restaurant où je pourrais commander quelque chose sans avoir l’air d’un gros touriste ignorant qui ne parle pas la langue. Après mon sandwich (mangé seul dans une grande salle à manger vide d’un café), j’ai été pour une petite marche pour voir le Kremlin, un lieu connu comme étant le quartier général de tous les méchants des films des années 1960 à 1990. C’était très impressionnant, surtout la nuit avec un petit vent froid.

À mon retour à l’auberge, j’étais encore mal à l’aise. En me brossant les dents, j’essayais de me convaincre que le lendemain, j’allais me sentir plus confortable et confiant, et que j’allais explorer la ville sans scrupule!

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