Feeds:
Posts
Comments

Posts Tagged ‘mongolie’

Ma dernière pleine journée en train. Même à y penser trois mois plus tard, je me sens un peu triste. Quel beau voyage!

img_1103

Ma cabine. Mon lit était en bas à gauche.

Je me réveille avant 7 h avec le train garé à Oulan Bator pour dire au revoir à mes amis et me trouver un déjeuner. Avec les deux autres Canadiens, on explore la gare à la recherche de nourriture. J’échange un peu de roubles (argent russe) pour des tugriks mongoliens. Je me fais surement avoir par le taux de change, mais je suis fatigué, le train pars sous peu, et tout le monde dans la gare nous regarde. De retour au confort du train, je déjeune avec Tatiana, une dame russe à qui je n’avais jamais parlé, mais qui a un sourire chaleureux, et son nouveau cochambreur mongolien.

Je prépare ma dernière pomme lentement, profitant de chaque mouvement. J’aime mon petit rituel.

img_1129

Paysage désertique de la Monglie

L’odeur du charbon de la bouilloire remplit le wagon. J’apprécie cette odeur chaque fois que j’entre dans le train. En étant conscient des détails du train, je ressens une petite tension dans mon ventre quant à mon départ inévitable, et maintenant concevable, dans 24h.

On s’arrête à Sain Shanda, une ville perdue de 29 000 habitants. Sous un soleil écrasant, j’achète une peinture d’un artiste sur le quai pour 5 500 tugriks. J’avais peur de ne pas avoir assez d’argent pour acheter de son art. Je n’aurais jamais rêvé acheter quelque chose d’aussi beau pour 3.25 $ (CAD). Ce sont des moments comme ça qu’on se souvient de notre place privilégiée dans ce monde.

2016-09-27-12-12-08

Souvenir de Monglie

Je passe mon après-midi à parler en français avec deux Chinois qui reviennent d’un séjour d’étude en France. L’un d’eux a pris le train à partir de Toulouse! Une sensation étrange s’empare de moi. Soudainement, la camaraderie des 4 derniers jours me semble lointaine. Peut-être, c’est d’avoir parlé français. Peut-être, c’est que les passagers qui m’étaient proche ne sont plus sur le train. Peut-être, c’est le nouveau paysage désertique de la Mongolie. Ou peut-être, je commence à accepter le passage inévitable du temps, ma place dans le moment présent, et que j’ai profité pleinement de ces moments.

Le rythme hypnotique du train continu.

Je me traite avec un repas dans le nouveau wagon restaurant chinois. Un bon poisson avec riz à 14 $ US. En attendant mon repas, un gros Mongol saoul me raconte plein d’histoires. Si seulement j’avais pu le comprendre!

En revenant à ma cabine, le désert remplit nos cabines de poussière. Les rayons du soleil couchant créent des rayons de lumière dans le couloir. Je prends un moment pour admirer le spectacle. Ce sont ces moments, aussi éphémères qu’un rayon de soleil couchant, qui font ce voyage si inoubliable.

En soirée, on termine notre croisement de la Mongolie et l’on entre en Chine. Puisque la Chine utilise une jauge de rail différente qu’en Russie et en Mongolie, ils doivent remplacer les roues du train. Nous pouvons soit sortir du train ou rester dans nos wagons et témoigner de ce processus unique. Je reste dans le train, pas question de manquer ce spectacle! Le train entre dans une usine gigantesque, où les wagons sont séparés. Puis, sans un bruit, nos wagons sont soulevés par des ascenseurs hydrauliques, mais les roues restent sur les rails. J’observe ce spectacle avec le plus jeune de mes cochambreurs. Rapidement, les roues sont remplacées par les nouvelles roues chinoises. Puis, on doit reconnecter les wagons. La locomotive recule et enclenche les wagons, un à un. La pleine force de la locomotive et des wagons carambole notre wagon! Après 5 jours de relaxation, cette percussion annonce la fin du voyage. BAM! Bienvenue en Chine!

img_1136

Changement des roues.

C’est ma dernière nuit dans le train. Je suis prêt. Je l’accepte. Je m’endors tellement content d’avoir fait ce voyage, et d’avoir eu la chance de l’avoir partagé avec ces gens.

Je me réveille seul dans la chambre, inquiète d’avoir manqué le seul déjeuner gratuit du voyage. C’est mon premier matin précipité depuis le départ. Le monde au ralenti du train cesse d’exister. La réalité du monde extérieur s’installe le plus que le train s’infiltre dans Pékin.

Terminus.

On prend nos choses et l’on se souhaite bon voyage. Sous la pluie, petit à petit on se perd de vue dans la masse humaine inimaginable de la gare Centrale pékinoise. Le voyage est terminé.

img_1112

Pékin – Oulan Bator – Moscou

Read Full Post »

Les rayons de Soleil venant de ma cochambreuse qui a dégagé le rideau de la fenêtre me réveillent. J’ai mal dormi et je suis un peu marabout, mais je m’en remets rapidement, car après trois jours de paysage relativement familier, on entre finalement dans des terrains inconnus. Première étape, le lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce sur Terre, qu’on longe pour la majorité du matin. Puis, tout d’un coup, le paysage nous offre un deuxième spectacle. Les monts Saïans, ces massifs encore enneigés partagés avec la Mongolie, se révèlent! À gauche, le lac Baïkal, à droite, les monts Saïans. Quel spectacle! Avec les fenêtres ouvertes, on essaie de profiter de ce paysage, et de l’air frais du lac et des montages, en allant d’un bord du train à l’autre. Le paysage est ponctué par des maisons délabrées et des usines abandonnées. La Russie nous rappelle constamment de son passé soviétique.

img_1105

Un nouveau couple s’est infiltré parmi nos rangs durant la nuit. Leur présence me rend presque mal à l’aise. On dirait des étrangers venu interrompre notre petit monde idylle. La présence d’un monde extérieur commence de plus en plus à se faire sentir. Une tristesse s’empare de mes pensés. Aujourd’hui est la dernière journée du voyage en train pour mes amis le couple suédois. Avant de trop me perdre dans ma tristesse, je me recentre et me concentre sur le fait d’avoir eu la chance à partager ces moments avec eux.

On arrive à Ulan Ude, notre dernière ville russe avant la Mongolie. On nous donne 30 minutes pour trouver des provisions. Le prochain arrêt sera à la frontière russo-mongolienne où nous n’aurons plus accès au wagon restaurant (notre chère Irena nous quitte), ni à des vendeurs sur le quai. Nous essayons de trouver de la nourriture, mais on se sent très mal à l’aise de quitter le train de vue trop longtemps. Comme un enfant de sa mère, notre cordon ombilical est aussi long que notre capacité de voir le train. Ça fait étrange de pouvoir exister si loin de notre petit monde.

img_1108

Trop loin du train pour notre comfort.

L’entrée en Mongolie me stresse. Depuis mon aventure en Angleterre, je suis paranoïaque quand ça vient aux visas de voyage. Avant mon départ, j’ai vérifié puis revérifié que je n’avais pas besoin de visa pour entrer en Mongolie. À quelques heures de la frontière, je commence à me douter. J’ai fait un recensement des autres et je me rends compte qu’à part des deux autres Canadiens, tous mes compagnons de voyage ont un visa mongolien. Je ressens mon estomac crisper et je me croise les doigts. Quand on reçoit le formulaire d’immigration mongolien, il y a une case pour le numéro de visa que je laisse vide. Mon anxiété est maintenant dans la stratosphère. C’est intéressant de noter que ce moment d’anxiété est mon premier gros stress depuis le départ du train, il y a presque une semaine.

Une fois à la frontière russe, on se fait contrôler plusieurs fois. On blague pour passer le temps entre les visites des douaniers. Il y a une tension décontractée. On se visite entre cabines. On attend quelque chose, mais on ne sait pas quoi. Tout se passe bien et le train roule vers la frontière mongolienne.

img_1122

Flânage aux douanes.

Pour faire passer le temps (et pour calmer mes nerfs) à la frontière mongolienne, on joue un jeu de cartes et on boit. En fin de compte, tout était correct. Les Canadiens n’ont pas besoin de visa pour entrer en Mongolie. Je le savais, j’étais bien préparé. Mais je me disais qu’on ne sait jamais. Les choses peuvent changer. Cependant, tout ne s’était pas si bien passé pour deux nouvelles passagères Hongkongaises. Lors de leur contrôle douanier, on leur a demandé un pot-de-vin de 10 euros! Je ne l’aurais jamais cru si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux! Ils n’ont pas eu à payer, grâce à l’intervention de deux grands hommes blancs (un peu saoul) qui demeureront anonymes afin de ne pas vanter cet acte de bravoure (d’être venu piquer leur nez dans quelque chose qui ne les mêlait pas).

Après cette aventure, on est finalement en Mongolie! Le voyage est presque terminé. Pour ceux qui débarquent à Ulan Bator (capitale mongole), l’aventure en train se termine demain matin. Il est tard, on est fatigué, mais personne ne veut se dire au revoir.

Read Full Post »